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Comment faire une politique de rigueur sans l’avouer ?

Posté par Pascal-Eric Lalmy le 6 avril 2008

Comment faire une politique de rigueur sans l’avouer ?
La rigueur ? Y penser toujours, n’en parler jamais. Le mot fait peur. Il signifie tour de vis social et impopularité de l’équipe ministérielle. La gauche l’a expérimenté à ses dépens dans les années 80. Aujourd’hui, la droite y est confrontée. Bien que harcelée par l’opposition qui ne cesse de dénoncer un plan de rigueur qui ne veut pas dire son nom, elle se refuse à employer le terme. Mais il reviendra aux Français d’en être juges.

Privé de marges de manœuvre, le gouvernement risque non seulement de serrer la vis de l’État, quitte à porter un coup aux services publics, mais aussi d’entamer sérieusement sa politique sociale. La création du Revenu de solidarité active (RSA) portée par Martin Hirsch pourrait bien être la première victime de ce « tournant de la rigueur » version Sarkozy-Fillon. Car à Bercy, on a fait tourner les ordinateurs pour estimer le coût de la généralisation d’une telle réforme : deux à cinq milliards d’euros ! La note est salée. « Même à deux milliards, ce n’est pas finançable », estime-t-on au ministère du Budget. De quoi inquiéter sérieusement Martin Hirsch… et les éventuels bénéficiaires du RSA. Bref, pour le chef de l’État, il va être difficile de tailler dans le vif sans remettre en cause certaines promesses. L’éternel et lancinant dilemme de tout président de la République auquel n’échappe pas Nicolas Sarkozy malgré sa volonté de rupture.

Vendredi, le président de la République a fianlement annoncé 166 mesures qui doivent faire économiser 7 milliards d’euros à l’Etat d’ici 2011, dont « plus d’un milliard » doit être redistribué aux fonctionnaires en contrepartie de suppressions de postes. Ces nouvelles mesures sont lancées alors que la France s’apprête à prendre en juin la présidence tournante de l’Union européenne, auprès de laquelle elle s’est engagée à revenir à un « déficit zéro » au plus tard en 2012. Pour 2007, le déficit a été estimé à 2,7% du produit intérieur brut (PIB) soit 50,3 milliards d’euros. Une des principales décisions annoncées par le chef de l’Etat concerne le non-remplacement, à partir de 2009, d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, un de ses engagements de campagne. La moitié des gains ainsi réalisés sera redistribuée aux agents, soit « plus d’un milliard d’euros » en 2011. Alors que les milliers de suppressions de postes dans l’Education font l’objet d’une contestation croissante, l’école est la grande absente du discours présidentiel, et est à peine évoquée dans le rapport Woerth. En matière de logement social, est prévu l’abaissement de 10% du plafond d’accession. L’objectif est de ramener de 70% à 60% la proportion des ménages français éligibles à une HLM. Les surloyers payés par les personnes dépassant les plafonds de ressources seront augmentés. L’Etat compte également mutualiser les services administratifs des armées de Terre, Air et Mer.
M. Sarkozy a par ailleurs annoncé la suppression du supplément de pension accordé aux fonctionnaires prenant leur retraite dans les territoires d’Outre-mer sans y avoir travaillé une durée minimale. Il veut aussi « mieux adapter notre présence diplomatique aux enjeux du XXIè siècle ». Selon le rapport, une trentaine d’ambassades seront ainsi transformées en postes de présence diplomatique simple. Au chapitre emploi, sont prévues la suppression des dispositifs favorisant les retraites anticipées, une forte limitation des contrats aidés, la lutte contre les fraudes aux prestations sociales, une meilleure organisation de l’hôpital, la réforme du permis de conduire, la mise en place d’une fiscalité favorable à l’environnement…

Les coupes dans les budgets de l’Etat ne sont sans doute pas terminées, « Aucun ministère ne sera écarté de la nécessité de la réforme », a prévenu M. Sarkozy. D’ailleurs, un troisième Conseil de modernisation des politiques publiques doit se tenir en mai. le ministre du Budget Eric Woerth annonce qu’il « souhaite trouver cinq milliards de plus ».Publicité »La RGPP n’est pas terminée », annonce-t-il dans un entretien publié dans le « JDD », en précisant que « le conseil de modernisation se réunira à nouveau d’ici l’été afin de boucler définitivement le projet ». « Je souhaite obtenir lors de cette dernière phase de la RGPP le même niveau d’économies que ce qui a été annoncé vendredi, soit plus de cinq milliards d’euros supplémentaires d’ici 2011″, souligne le ministre.

Toutefois, le Grenelle de l’environnement ne fera pas les frais de nouvelles économies, a assuré vendredi sur Canal Plus le ministre du Dévelopement durable Jean-Louis Borloo. « Le Grenelle, c’est un changement radical », a-t-il fait valoir. « Le Développement durable, ce n’est pas pour les riches, pour les snobs, ou pour les bobos: c’est un changement absolu, majeur de l’économie et du mode de consommation français », a-t-il ajouté. Le ministre a par ailleurs annoncé qu’il étudiait la possibilité d’une modulation des facturations d’électricité en fonction des consommations. « J’étudie l’hypothèse que l’on puisse payer l’électricité en fonction de sa consommation: plus vous consommez, plus le kilowatt/heure pourrait être cher ». « C’est le principe du bonus-malus qui a été mis en place pour les voitures », a-t-il indiqué. « On en est juste à l’étude », mais « ce mode de fonctionnement, je crois qu’il va falloir qu’on l’introduise partout », a-t-il ajouté.

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