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Santé : sécurité et économies

Posté par Pascal-Eric Lalmy le 26 octobre 2009

La dernière mesure en date du gouvernement en matière de santé publique, qui pourrait être officialisée d’ici la fin de l’année, consiste à fermer les blocs opératoires qui réalisent moins de 1500 interventions par an. Il s’agit aussi de fermer un certain nombre de maternités dont les actes chirurgicaux sont jugés également en nombres insuffisants.

Officiellement, le ministère de la Santé explique que ces dispositions sont prises dans l’intérêt des patients, pour des raisons de sécurité. Dans certains hôpitaux l’argument est sans doute recevable car les équipements n’ont pas toujours été modernisés. Mais dans l’ensemble, il masque une raison moins avouable : la nécessité de faire des économies à une époque où les comptes publics sont dramatiquement dans le rouge et où les logiques comptables l’emportent sur toute autre considération.

Le paradoxe de cette politique, c’est qu’elle comporte des risques pour… la sécurité des malades. Car la fermeture d’établissements de soins en milieu rural, notamment, constitue un danger pour une population isolée géographiquement, en cas d’urgences ou d’accouchements difficieles. Plus le trajet est long ou complexe pour rallier un hôpital, plus l’état du patient est susceptible de s’aggraver! Une évidence qui ne semble pourtant guère influer sur les mesures gouvernementales…

La fermeture de certains blocs opératoires compléterait une série de mauvaises nouvelles pour les patients : hausse du forfait hospitalier et baisse du taux de remboursement de certains médicaments. En ce qui concerne cette dernière mesure, les Mutuelles ont annoncé qu’elles ne prendraient plus en charge les produits pharmaceutiques que la Sécurité sociale ne remboursera plus.

Au final, ce sont les Français et les Françaises qui payent dans leur vie quotidienne les choix budgétaires iniques du gouvernement Fillon qui organise méthodiquement la faillite de l’Etat pour justifier sa politique de détricotage des servies publics qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation, de la justice ou de l’école!

 

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Colloque : la laïcité à l’école, un état des lieux

Posté par Pascal-Eric Lalmy le 20 octobre 2009

Organisé par l’Observatoire International de la Laïcité contre les dérives communautaires, un premier colloque traitant de la Laïcité à l’école en France a permis de dresser un état des lieux particulièrement inquiétant. Entre les déclarations du président de la République affirmant la supériorité du curé sur l’instituteur et l’adoption de l’amendement Carle banalisant le financement des écoles privées par les communes, les avancées d’une contre-réforme conservatrice sont multiples et bien réels.

La laïcité à l’école : sous un air de résistance
Laïcité et Ecole se conjuguent-elles encore au présent en France ? Si la réponse n’apparait plus évidente, cela signifie qu’elle mérite qu’on y consacre suffisamment de temps pour apprécier ce qui sous-tend ce questionnement.

C’est à cet objectif que se sont attelés avec un bel appétit intellectuel les participants au premier colloque organisé par l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires*.
A la tribune de la salle Gaston Monnerville du Sénat se côtoyaient ainsi Antoine Sfeir, journaliste, rédacteur en chef de la revue Les cahiers de l’Orient, Paul Stouder, inspecteur d’Académie, Philippe Guittet, secrétaire général du SNPDEN, Charles Conte, chargé de mission Laïcité à la Ligue de l’enseignement et Catherine Kintzler, philosophe, professeur à l’Université Lille III.
Invitée à lancer le débat, la sénatrice radicale de gauche de Haute-Garonne Françoise Laborde a très rapidement confirmé que son groupe RDSE avait bien déposé un référé auprès du Conseil d’Etat pour dénoncer la convention signée entre le gouvernement français et le Vatican portant « reconnaissance mutuelle des grades et diplômes de l’enseignement supérieur délivrés sous l’autorité de l’une des deux parties. »

img_2038_640x480.jpgPour Antoine Sfeir, journaliste, rédacteur en chef de la revue Les cahiers de l’Orient, la question de la laïcité est intrinsèquement liée à celle de l’école de la République. Si l’histoire des religions y est enseignée, la laïcité n’y occupe pas une place particulière. Ni plus, ni moins. Pourtant, ne mériterait-elle pas « davantage de considération ? »
Ceci étant, il ne s’agit pas pour Antoine Sfeir d’imaginer devoir encore recourir à un nouvel arsenal législatif. « La République dispose de tous les textes. Ce qui fait défaut est davantage lié à leur non application ».
Au delà, Antoine Sfeir avance tout de même que la laïcité doit redevenir une « valeur » de la République, cette « République que de nombreux pays d’Amérique latine ou du Maghreb nous envient. L’ennemi du modèle républicain est le communautarisme. » Pour y parvenir, l’école revêt une importance considérable puisqu’elle représente le « début de la transmission du savoir ». L’ignorance étant forte autour de la laïcité selon lui, il s’agit de mieux « former les instituteurs sur cette question. »
Ce faisant, l’école doit avoir comme finalité de « re-fabriquer du citoyen, un citoyen laïc peu sensible aux sirènes du communautarisme », insiste-t-il. « Aucun texte de l’Islam ne parle de contraindre une personne à revêtir une burka par exemple. Il est donc fondamental de connaitre l’autre pour mieux le reconnaître ».


img_2039_640x480.jpgEn échos, après un synthétique rappel historique prenant comme point de départ la richesse de la production de Condorcet et en rappelant les principaux points de repères que sont les loi Ferry (1882), loi Goblet (1886), la loi de séparation de l’église et de l’Etat (1905), puis la consécration constitutionnelle du principe de laïcité (1946) et confirmée par la suite dans la Constitution de 1958, Paul Stouder, inspecteur d’Académie, a estimé lui aussi que l’arsenal législatif était « largement suffisant » pour traiter de la question de la laïcité à l’école.
Cependant, Paul Stouder considère que si la question des signes distinctifs s’est posée à l’école, c’est avant tout parce que l’Etat s’est d’abord attaché à régler très vite la question du programme, puis la question de l’enseignant mais pas celle de l’élève. Chose faite le 15 mars 2004 avec l’adoption du texte concernant le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse, une loi dans l’ensemble « bien appliquée aujourd’hui ».
Au delà, face à une certaine forme de crise de la transmission de la culture, de l’affirmation toujours plus forte de l’aspiration à être soi-même, à refuser les normes, il est plus que nécessaire pour favoriser le « vivre ensemble » de valoriser la laïcité. Ainsi, dans l’Education nationale, Paul Stouder avance-t-il l’idée que si certains sujets appellent à la « prudence », il s’agit d’être ferme dans le fait « qu’aucune question pédagogique ne doit être écartée du questionnement scientifique ». Plus concrètement, lorsqu’un enseignant aborde la question de la religion, de son histoire, il se doit de distinguer ce qui relève du récit symbolique d’un texte qui est « objet de foi et non de vérité ». Ainsi, les sources doivent-elles être confrontées avec les données de l’archéologie par exemple. En d’autres termes, « l’étude de la bible passe d’abord par la contextualisation de l’écriture de la bible. »

Au delà, l’enseignement de la laïcité doit permettre aux élèves d’apprendre à débattre, d’apprendre à argumenter pour mieux appréhender leur liberté d’expression.


img_2045_640x480.jpgSur le terrain de la pratique, le témoignage de Philippe Guittet, proviseur du lycée parisien Maurice-Ravel, secrétaire général du SNPDEN, souligne que l’espace à reconquérir par la laïcité est considérable, les attaques ne cessant de se multiplier depuis le discours de Latran. Philippe Guittet en veut pour preuve par exemple la forte valorisation des partenariats publics/privés qui, d’une certaine manière, accrédite l’idée de la mise en place d’un « chèque éducation ».
Dans un autre domaine, la convention signée entre le gouvernement français et le Vatican en décembre 2008 parachève à ses yeux finalement les propos tenus par le Président de la République dans son discours de Latran.
Au delà, Philipe Guittet estime qu’il est devenu urgent de créer à l’échelon de chaque département des « indicateurs » pour apprécier la qualité du travail conduit dans les établissements, qu’ils soient publics ou bien privés. « Les établissements privés refusent de communiquer des éléments statistiques les concernant, fustige le secrétaire général du SNPDEN. Depuis deux ans, on constate que les établissements privés profitent d’un effet d’aubaine lié au désengagement de l’Etat de l’enseignement public. Les financements sont remis à plat. On peut particulièrement le constater d’ailleurs dans les établissements agricoles. »


img_2047_640x480.jpgPour Charles Conte, chargé de mission laïcité à la Ligue de l’enseignement, si la question du financement est effectivement centrale lorsqu’on radiographie l’école en France, il avance lui aussi que l’Etat ne remplit pas son rôle de « contrôle » à l’égard des établissements privés. Rappelant que la seule école possible pour la République est laïque, il dénonce également ces notions fumeuses de « laïcité plurielle » ou autre « laïcité positive ».

img_2050_640x480.jpgDans un environnement particulièrement troublé où se combinent retour du religieux, désacralisation de la République, privatisation de l’enseignement public et assèchement de la laïcité, la pensée de Catherine Kintzler, professeur de philosophie à Lille III et spécialiste reconnue de Condorcet et de la laïcité, a permis de fixer un cadre symbolique pertinent.
La philosophe admet sans ambages que « la laïcité est difficile à appréhender. » Mais elle voit dans les attaques qui se multiplient contre elle l’occasion de la « revisiter » et de nous obliger à « de nouveau la penser ».
Précisant tout d’abord que sa réflexion porte davantage sur la « laïcité de l’école » et non sur la « laïcité à l’école », Catherine Kintzler a tenu à distinguer l’école comme « institution » et l’école comme « concept ». Ceci afin de mettre aussi en perspective ce qui relève de la notion « d’espace public » et de la notion « d’espace privé ». Autrement dit, les élèves ne sont en aucune manière des « usagers de l’école »; Catherine Kintzler illustre son propos en évoquant la notion d’une « double vie », à l’intérieur et à l’extérieur de l’école. Ainsi n’y acquiert-on pas une formation mais des éléments pour devenir citoyen.
Catherine Kintzler s’interroge : « L’école fabrique-t-elle alors des citoyens pour la République ? Non, elle le doit pour la liberté, pour l’indépendance humaine ». A charge pour l’Etat, dans le cadre de l’école de la République, de permettre à chacun de pouvoir avoir accès à « l’ensemble d’un contenu universel, un contenu universel qui fait échos à la notion d’encyclopédie » qui a si bien irrigué le siècle des Lumières.

Les récents et multiples signes extérieurs de remise en cause de la laïcité en France sont indéniables. Ils sont d’autant plus graves qu’ils sont souvent portés par le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui, pourtant, doit être le garant de la constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. »
Au delà, ces attaques traduisent d’une certaine manière la volonté politique des esprits conservateurs d’accélérer encore le cycle d’une restauration réactionnaire qui n’a jamais abandonné le combat contre les Lumières.

Jean-Michel Quillardet
, président de l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires, a d’ailleurs insisté sur l’importance de combattre les tenants du relativisme culturel et à veiller à favoriser la diffusion de l’esprit des Lumières sans pour autant tomber dans les dérives du passé. « Face aux dérives communautaires, il est fondamental de défendre la liberté de conscience ».

Fabrice Dalongeville

*Le colloque a été organisé au Sénat le 26 septembre 2009, sous le haut patronage de Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de Gauche.

Reportage Laïcité et République réalisé par Fabrice Dalongeville

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Cagnotte contre l’absentésime, une initiative dangereuse

Posté par Pascal-Eric Lalmy le 6 octobre 2009

« Les radicaux de gauche s’inquiètent de l’initiative qui a été prise par le rectorat de Créteil d’expérimenter la mise en place d’une cagnotte pour lutter contre l’absentéisme.
Quel signal est envoyé aux jeunes en décrochage scolaire? Mais aussi, quel signal est envoyé aux jeunes qui se soumettent à l’obligation d’assiduité scolaire?
Laisser penser dans l’école républicaine que l’argent est la mesure de toute chose est une démarche particulièrement dangereuse. Le droit a l’éducation  est une valeur qui ne doit pas se transformer en une acte rémunéré. Face au décrochage d’un certain nombre d’élèves, et notamment face à l’absentéisme, il faut renforcer les dispositifs existants - école ouverte, classes relais - mettre réellement en place un tutorat individualisé qui prenne en charge les élèves. d’autres dispositifs existent, et peuvent se développer, ne serait-ce que le parrainage d’élèves par des associations ou des entreprises.  Toutes ces pistes doivent être expérimentées, généralisées, c’est le rôle des rectorats que de pousser à leur mise en œuvre, mais en aucun cas la présence à l’école des jeunes scolarisés ne doit devenir un acte rémunéré. « 

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Délinquance, échec total de la droite

Posté par Pascal-Eric Lalmy le 3 octobre 2009

Depuis 2002, les lois sur la sécurité, les plans contre la délinquance surgissent régulièrement au gré des statistiques, des faits divers… et de l’approche des élections. Pourtant, les résultats sont décevants. Les atteintes aux personnes progressent, les cambriolages sont en hausse. Les « quartiers sensibles » ne sont plus les seuls à connaître l’insécurité. Même les statistiques officielles ne parviennent plus à masquer cet échec.

Pourtant, face à la montée de la délinquance, Nicolas Sarkozy avait sonné le tocsin il y a déjà un mois, mobilisant préfets et forces de sécurité, sommant le gouvernement d’agir. Les nouvelles mesures annoncées par François Fillon sont loin de répondre à la « commande » présidentielle. Il ne fait que renforcer des dispositifs déjà existants, avec notamment le développement de la vidéo-surveillance pudiquement rebaptisée « vidéo-protection », sans doute pour ne pas choquer ceux qui verraient là une atteinte aux libertés.

Au final, tout semble avoir été essayé, sauf peut-être des recettes efficaces, celles qui mêlent prévention et répression dans une alchimie difficile à pratiquer  - il faut le reconnaître- mais qui semble la seule susceptible de porter ses fruits, comme l’a montré la police de proximité. L’utilisation politique du thème de la délinquance se retourne aujourd’hui contre ceux qui en ont abusé avec démagogie. Ces apprentis sorciers et donneurs de leçons se retrouvent maintenant fort dépourvus.

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