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Réforme du collège : faire le pari démocratique et républicain de la réussite pour tous !

Posté par Pascal-Eric Lalmy le 8 mai 2015

Au XXIe siècle, confrontée à la mondialisation, la France ne peut plus penser son système éducatif étroitement dans ses frontières nationales. L’élitisme républicain dont se réclament certains à gauche comme à droite pour vouer aux gémonies la réforme du collège, est un paravent qu’ils agitent pour mener en réalité un combat d’arrière-garde qui ne vise qu’à protéger le cocon confortable qu’ils ont tricoté pour leur progéniture. Ils ont peur de l’égalité non pas parce qu’elle serait un nivellement par le bas comme ils l’affirment, mais parce qu’elle renforce la compétition pour les meilleures places en donnant les moyens à celles et ceux qui sont sur le bord du chemin de se battre à « armes égales » avec les héritiers ! L’égalité est en cela la meilleure alliée d’un véritable libéralisme émancipateur au sens de Tocqueville car elle doit remettre en question, à chaque génération, les conservatismes et les positions acquises. L’ascenseur social ne peut pas fonctionner sans une véritable égalité des chances qui rebatte les cartes que nous donne notre naissance d’un côté ou de l’autre du périphérique, en offrant à toutes et à tous les atouts qui permettent de réussir.

Les systèmes éducatifs sont aujourd’hui mis en compétition à l’échelle mondiale comme le montre régulièrement les enquêtes PISA ou le classement de Shanghai. Le défi que nous devons désormais relever n’est pas de former une poignée de normaliens et d’énarques auxquels on ajouterait quelques « médailles Fields ». Nous devons nous placer collectivement à l’avant-garde mondiale pour que les Français occupent demain des postes d’influence et de commandement à l’échelle nationale, européenne et mondiale. Il s’agit donc bien, comme a su le faire en son temps Richelieu quand il fonda l’Académie française, de bâtir un nouvel élitisme pour donner à la France, à sa langue, à sa culture, à son modèle républicain les moyens d’être encore demain des références mondiales. Cela passe par une mobilisation nationale pour notre jeunesse, car c’est elle qui devra relever ce défi, c’est la raison pour laquelle il est indispensable de rompre avec la logique mortifère de la compétition qui ne profite qu’aux plus « doués » et aux plus favorisés. La réforme du collège est la pierre angulaire de ce combat car elle doit garantir à tous les élèves les moyens objectifs de réussir. L’objectif d’un système éducatif ne peut pas être en soi de « détecter »  une élite. Un système éducatif doit porter une ambition  collective pour la Nation en faisant le pari qu’aucun obstacle n’est insurmontable si on se donne les moyens de tendre la main à chaque élève. La note d’information de la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance de mars 2015 est à ce sujet éclairante. En 1982, 34,7% des jeunes sortaient du système éducatif sans qualification, en 2002 ils étaient encore 13,7%, en 2013 les derniers chiffres de l’Union européenne établissent que c’est 9,7% des jeunes qui sortent du système éducatif sans qualification ! La France fait désormais légèrement mieux que la moyenne européenne. Le déclin dont se délectent chaque jour chroniqueurs et intellectuels de salon n’est pas là où on le pense.

La réforme du collège, articulée à la révision des programmes, à la mobilisation de l’école pour les valeurs de la République et au retour de l’enseignement moral et civique, est partie d’un tout qui vise à refonder notre école en cohérence avec les valeurs républicaine de liberté, d’égalité, de fraternité, mais aussi de laïcité et de solidarité. Il s’agit de faire de l’école une institution à la fois républicaine et démocratique. C’est un enjeu de société, mais aussi une nécessité économique et politique si on ne veut pas être déclassés dans la compétition mondiale.

N’est-il pas invraisemblable que ce soit aujourd’hui les Etats-Unis et le Qatar qui dénichent les pépites de notre jeunesse dans les banlieues et les quartiers populaires ? La « fuite des cerveaux » c’est aussi le pillage des talents inexploités. Si nous ne réagissons pas maintenant, demain il sera trop tard pour rattraper le temps perdu. On ne peut pas en permanence se proclamer républicain, ambitieux, progressistes et hurler à la mort chaque fois que l’on rabote un privilège ou que l’on tente de mettre en œuvre effectivement mixité sociale et réussite pour tous.

C’est aussi un enjeu de cohésion nationale que de donner les moyens à tous les enfants de réussir, de s’émanciper et de forger leur destin. Il faut revenir ici aux fondements du républicanisme radical : l’école doit être le vecteur de la promotion individuelle si on veut relancer l’ascenseur social et redonner de l’espoir aux familles modestes qui investissent bien plus qu’on ne le dit dans l’école, car c’est la seule ressource dont elles disposent pour que leurs enfants aient une vie meilleure.

Alors, évidemment, celles et ceux qui profitent à plein du système voient d’un très mauvais œil qu’on remette en cause des dispositifs dont ils usent et abusent pour le plus grand profit de leurs enfants. Ils sont d’autant plus agressifs et arrogants qu’ils craignent par-dessus tout le déclassement social. Comme d’habitude, ils expliquent la main sur le cœur qu’ils se battent pour les autres, les petits, les modestes, ils finissent presque par nous faire croire que la défense du latin et du grec est vitale pour la réussite des celles et ceux qui n’ont font pas ! Ils reprennent en cœur l’antienne selon laquelle, il y a les « manuels », les enfants des « autres », bizarrement issus majoritairement des classes populaires, des populations immigrés et du lumpenprolétariat, et les « intellectuels »  qui, tout aussi étonnamment, viennent plutôt de la classe moyenne ou moyenne supérieure.

Pourtant, une fois dissipé la fumée de la désinformation orchestrée par une petite caste qui a confisqué la République à son seul profit, entrer par l’histoire ou la SVT pour faire découvrir le latin et le grec à des enfants qui sont très éloignés de la culture scolaire, faire confiance aux professeurs, recrutés désormais à bac plus cinq, pour mettre en œuvre une réforme et des programmes qui font le pari de l’intelligence de terrain, favoriser l’apprentissage précoce des langues, personnaliser l’aide apportée à chacun et chacune, être bienveillant avec tous les enfants de France et investir toute notre confiance dans notre jeunesse, n’est-ce pas mettre en acte et faire vivre la promesse Républicaine que nous portons collectivement depuis la Révolution et qui fait des Français un peuple.

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